Du QWERTY à l'AZERTY, connaissez-vous l'histoire leur histoire?

Discussion dans 'Souris/Clavier/Casque' créé par Road 66, 2 Mars 2016.

  1. Road 66

    Road 66 Membre de la Matrice

    Messages:
    56
    J'aime reçus:
    63
    Points:
    17
    Réputation:
    0
    Comme vous le savez, la qualification des claviers et ordinateurs qui sont commercialisés varie. Celle-ci s'explique par l'ordre des premières touches des lettres sur ledit clavier. Cette configuration varie selon les pays : dans les pays anglophones, les claviers sont QWERTY, chez les francophones AZERTY, tandis qu'en Allemagne par exemple, les claviers sont QWERTZ.
    [​IMG]

    Face à cela, on peut se demander ce qui explique que nos claviers ne soient pas les mêmes qu'ailleurs. Pourquoi l'ordre des lettres change ? Est-ce que cette configuration a connu des évolutions depuis sa naissance ? Et bien la plupart des réponses se trouvent dans l'origine-même du clavier, à savoir dans l'évolution des machines à écrire.

    L'explication la plus courante que l'on trouve lorsqu'on cherche l'origine de l'AZERTY est généralement erronée. En effet, l'une des légendes qui circulent le plus, consiste à dire que les lettres ont été agencées de cette manière pour des raisons de statistique : les lettres les plus populaires auraient été glissées à proximité des doigts les plus sollicités pour écrire, de manière à optimiser la frappe et la rendre plus confortable. Cette théorie est fausse, même si, comme on le verra, elle a été évoquée par de nombreux détracteurs du clavier que l'on connait.

    Mais, c'est du côté du QWERTY que tout commence. En 1868, l'Américain Christopher Latham Sholes invente, avec Samuel W. Soule et Carlos Glidden, la toute première machine à écrire. Le premier prototype,décrit comme« le croisement d'un petit piano et d'une table de cuisine », dispose d'un clavier sur lequel les lettres sont organisées par ordre alphabétique. Mais Sholes met rapidement le doigt sur l'une des principales limites de la machine : les bras mécaniques des lettres, qui viennent frapper le papier pour s'y imprimer, ont tendance à s'entrechoquer et à se bloquer dès qu'on y va un peu à fond.

    A cette époque, le problème est d'autant plus complexe à résoudre que les pièces qui composent les premières machines sont imparfaites, et les barres métalliques avaient tendance à se tordre au fil de leur utilisation. Il va alors passer plusieurs années à améliorer le fonctionnement de sa machine, en sollicitant notamment un enseignant, Amos Densmore, avec qui il va calculer les fréquences de proximité de toutes les paires de lettres possibles, de sorte à éloigner le plus possible les plus évidentes sur le clavier. Découragés par l'ampleur de la tâche, absolument colossale, Soule et Glidden quittent le projet, laissant à Sholes leurs brevets.

    Il faut plusieurs années à Sholes et Densmore avant d'en arriver à la configuration QWERTY, qui aboutit finalement en 1873. La même année, Sholes cède ses brevets à la Remington Arms Company, qui sortira les fameuses machines à écrire Remington. Néanmoins, conscient que son système n'est pas parfait, il continuera jusqu’à sa mort, à perfectionner son concept. Entre temps, Remington vend tellement de machines qu’il ne voit pas trop l’intérêt de changer alors que personne ne s'en plaint.

    A noter, pour l'anecdote, que les premiers QWERTY ne disposaient pas de touche 1 : il fallait utiliser le I en guise de chiffre. La touche 1 fait son apparition quelques années suivantes, de même que la possibilité d'écrire en majuscule et minuscule. Des innovations dues à Sholes, qui dépose peu avant sa mort un nouveau brevet avec un agencement de lettres totalement différent, qui n'a jamais été utilisé.

    La théorie du télégraphe

    L'histoire de Christopher Sholes aurait pu s'arrêter là. Mais, en 2011, des chercheurs japonais ont avancé une théorie, à savoir que les premières machines à écrire auraient été « bêta testées » par des télégraphistes, qui avaient besoin de taper très rapidement à la machine pour retranscrire des messages en morse. Les dactylos auraient donc précédé le clavier QWERTY.

    Dans cette théorie avancée par des chercheurs de l'université de Kyoto qui se sont basés sur de la documentation de l'époque, les opérateurs télégraphes auraient donc influencé Sholes dans l'organisation de son clavier. Mais, paradoxalement, la configuration conçue par Sholes et Densmore permettait de ralentir la frappe pour éviter que les tiges s'emmêlent, ce qui a tendance à aller à l'encontre du télégraphe, qui doit être très rapide.

    Le doute plane donc sur cette explication, mais elle pourrait cependant justifier le travail effectué par Sholes par la suite, pour tenter de perfectionner sa création.
     
    Lighthammers, Tym et BLUELIGHT aiment ça.

Partager cette page